L’Écho du Nord
Le 14 mai 2014

SAINT-JÉRÔME – Francesca Savoie avait 17 ans lorsqu’un chauffeur ivre a percuté le véhicule dans lequel elle prenait place, le 20 octobre 2007 à Bas-Caraquet, au Nouveau-Brunswick. Liette Savoie, sa mère, est en visite en ce moment chez sa sœur jumelle à Saint-Jérôme. Ensemble, elles veulent sensibiliser la population aux dangers de la conduite avec des facultés affaiblies et réclamer de l’aide pour les familles des victimes.

Chaque printemps, l’organisation de bals de finissants partout dans la province est une source d’inquiétude pour les sœurs jumelles. « J’ai promis à ma fille de sensibiliser la population aux dangers de l’alcool au volant, confie Liette Savoie. Il faut en parler. J’ai espoir que mon témoignage sensibilise les gens. »

Depuis la perte de sa fille, morte dans ses bras quelques heures après l’accident, à l’hôpital de Moncton, Liette a vu sa vie basculer. « C’est un combat auquel aucune maman n’est préparée », mentionne Liette qui n’a jamais pu reprendre son emploi et s’est rapidement retrouvée bénéficiaire de l’aide sociale. « Quand on perd son enfant de cette façon, on est puni à vie! »

Manque de soutien aux familles

Lucette Savoie, la sœur jumelle de Liette, n’a pas hésité à partir des Laurentides pour se rendre à Moncton, le soir du tragique accident de sa nièce et filleule. « Je ne savais pas dans quel état j’allais trouver ma sœur, mais je savais qu’elle aurait besoin de moi », dit-elle. Depuis, Lucette a été un précieux soutien pour sa sœur jumelle. « Elle est restée trois mois en choc post-traumatique sans recevoir l’aide d’un psychologue, déplore-t-elle. Ceux qui commettent l’acte criminel reçoivent l’aide de psychiatres tout de suite. Ils ont toute l’aide nécessaire. Ce n’est pas normal que la mère de la victime ait à se battre pour recevoir de l’aide. Sans l’organisme MADD Canada, Mères contre l’alcool au volant, je ne sais pas comment nous serions parvenues à passer à travers cette épreuve! »

Unies dans la douleur, les sœurs jumelles ont écrit un livre et donnent des conférences dans l’espoir d’éviter que d’autres vies soient injustement enlevées. « Francesca venait de finir sa journée de travail, explique sa mère. Elle portait encore son uniforme du A&W. Elle se préparait pour sa graduation. Il n’y a pas une journée de ma vie où je ne pense pas à mon enfant. Je ne poÉÉurrai jamais pardonner l’homme qui a fait ça! »

Lucette Savoie n’a pas pu avoir d’enfant et considérait Francesca comme la fille qu’elle n’a pas eue. Quelques jours avant l’accident qui allait lui enlever la vie, elle lui avait envoyé la robe qu’elle avait soigneusement choisie pour son bal de finissant. « C’était une surprise, elle ne l’avait pas vue et avait très hâte de la recevoir, confie Lucette. Jamais je n’aurais pensé en l’achetant que ce serait la robe dans laquelle nous allions l’enterrer. »