Oakville, Ontario, le 29 mai 2014 – Il est essentiel d’apporter des modifications au système canadien pour le dépistage des chauffards aux facultés affaiblies par la drogue puisque les méthodes actuellement en place ne fonctionnent tout simplement pas. C’est ce message que portera aujourd’hui une petite délégation de MADD Canada lors de ses visites avec certains députés fédéraux.

Les relevés de population et les sondages en bordure de route indiquent que le nombre de Canadiens qui conduisent après avoir consommé de la drogue est à la hausse. Dans les faits, la conduite sous l’emprise du cannabis est maintenant chose plus commune chez certains jeunes conducteurs que l’alcool au volant. Selon les données d’enquête compilées par le Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) en 2013, 4 % des jeunes Ontariens titulaires de permis de la 10e à la 12e année auraient conduit après avoir bu et 9,7 % auraient conduit après avoir fumé du cannabis.

« Depuis quelques années, la conduite avec les facultés affaiblies par la drogue est devenue un élément de plus en plus important du problème global de la conduite avec facultés affaiblies, a souligné Angeliki Souranis, présidente nationale de MADD Canada. Toutefois, un examen des données sur les accusations de conduite avec facultés affaiblies révèle que seul un faible pourcentage de celles-ci représente des accusations de conduite avec les facultés affaiblies par la drogue. »

En 2012, seulement 1,9 % des accusations de conduite avec facultés affaiblies étaient pour conduite sous l’emprise de drogues. Cela ne représente que 1 126 accusations sur un total de près de 60 000 accusations.
« Il est clair que le Canada doit se doter d’un système plus efficace pour la détection des conducteurs aux facultés affaiblies par la drogue », a ajouté Mme Souranis.

À l’heure actuelle, les policiers sont autorisés à exiger des tests de coordination physique (test normalisé de sobriété et évaluation de reconnaissance de drogues) s’ils soupçonnent que les facultés d’un conducteur sont affaiblies par la drogue. Cependant, cette façon de faire requiert une formation spécialisée et très coûteuse. De surcroît, le processus est long, ne donne lieu qu’à un faible nombre d’accusations et les résultats ne sont pas toujours reconnus par les tribunaux comme preuve de l’affaiblissement des facultés de l’accusé.

Aujourd’hui, les représentants de MADD Canada feront comprendre aux députés fédéraux que nous avons besoin d’un nouveau mode de détection de la conduite avec les facultés affaiblies par la drogue et que celui-ci doit se fonder sur un protocole de dépistage en bordure de route des conducteurs soupçonnés d’être sous l’emprise de drogues. La mise en place de ce genre de système nécessiterait deux modifications majeures :

  • D’abord, un test de dépistage salivaire doit être disponible pour utilisation au bord de la route (semblable aux éthylomètres actuellement utilisés pour dépister l’alcool). Plusieurs pays utilisent déjà ce genre de test. Le ministère fédéral de la Justice et le ministère des Transports de l’Ontario financent actuellement une étude de l’efficacité et de la précision de ces tests ainsi que de leur emploi potentiel au Canada.
  • Deuxièmement, les fonctionnaires et les responsables des politiques devront établir des limites « per se » par voie législative ciblant les drogues illégales les plus courantes. À l’instar de la limite légale de 0,08 % du taux d’alcoolémie, ces limites établiraient le seuil à partir duquel une personne s’expose à des accusations de conduite avec facultés affaiblies. L’étude mentionnée au point précédent formulera également des recommandations sur les limites « per se » de certaines drogues.

« Nous souhaitons qu’en partageant ces informations aujourd’hui avec nos représentants élus, ceux-ci seront mieux placés pour comprendre les lacunes du système actuel et le besoin criant d’assurer la mise en place d’une nouvelle approche, a précisé Mme Souranis. Les données nous disent qu’une personne peut prendre le volant 550 fois sous l’emprise du cannabis avant de risquer une seule accusation de conduite avec facultés affaiblies. Il est essentiel de rectifier cette situation parce que, peu importe que ce soit sous l’emprise de l’alcool, de la drogue ou des deux, la conduite avec facultés affaiblies met tout le monde à risque. »

À propos de MADD Canada

MADD Canada (Les mères contre l’alcool au volant) est un organisme de bienfaisance national voué à faire échec à la conduite avec facultés affaiblies et à venir en aide aux victimes de ce crime de violence. Représenté par des groupes bénévoles dans plus de 100 communautés partout au Canada, MADD Canada vient en aide aux victimes, sensibilise le public aux dangers de la conduite avec facultés affaiblies, et contribue à la réduction des décès et des blessures sur nos routes.
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Pour de plus amples renseignements, veuillez contacter :

Angeliki Souranis, présidente nationale, 514-515-6233, asouranis@madd.ca
Marie Claude Morin, directeur des services aux sections, Québec, MADD Canada: 1-877-392-6233 oumcmorin@madd.ca