Hebdo Rive Nord
Le 24 mars 2015

ORGANISME. L’organisme Mothers Against Drunk Driving Canada (MADD) s’implante dans la région de Lanaudière. Sylvie Bélanger, leader communautaire de la division, compte mettre sur pied plusieurs projets de prévention et de conscientisation contre la conduite avec les facultés affaiblies.

L’organisme « Les mères contre la conduite avec les facultés affaiblies » existe au Canada depuis les années 1980 et au Québec depuis les années 1990. Une vingtaine d’employés et plus de 7500 bénévoles œuvrent au sein de l’organisme MADD Canada.

« MADD a pour but de mettre fin à la conduite avec les facultés affaiblies et de venir en aide aux victimes et survivants de ce crime que l’on considère un crime violent. Pour MADD, conduire n’est pas un droit, mais un privilège. C’est un manque de responsabilité que de conduire avec les facultés affaiblies et les conducteurs doivent être sensibilisé », explique Mme Bélanger.

Au Québec, MADD comprend une section à Montréal et trois régions ont des leaders communautaires : Québec, Beauce et Lanaudière. MADD offre plusieurs services aux victimes et survivants dont une ligne nationale où les gens peuvent appeler en tout temps et de l’aide dans le processus judiciaire. Selon l’organisme, une victime est la personne accidentée qui demeure avec des séquelles à court et à long terme et un survivant, représente la famille et l’entourage de ceux qui sont survécu ou décédés à la suite d’un de ces accidents.

Projets pour Lanaudière

Sylvie Bélanger a plusieurs projets en tête pour Lanaudière, dont sensibiliser les écoles secondaires et les cégeps avec les programmes de MADD déjà offerts aux écoles du pays.

Elle aimerait aussi rendre plus accessibles les billets de taxi prépayés de la compagnie Cool Taxi. « Ils ne sont disponibles que dans quelques pharmacies et Banque Nationale. Est-ce qu’il y aurait un moyen que ces billets soient disponibles ailleurs comme au Cégep?, questionne-t-elle. Tu ne penses pas toujours à t’en procurer d’avance. Il faut aussi sensibiliser les parents à avoir un carnet à la maison et en donner quelques-uns à leur jeune pour qu’il prenne un taxi au lieu de sa voiture. »

Pour ce qui est du conducteur désigné, Mme Bélanger voudrait voir avec les tenanciers de bars de Lanaudière s’il serait possible de rendre les breuvages non alcoolisés gratuits pour eux. « Je sais que ça se fait ailleurs. Dans certains bars, le conducteur désigné est bien identifié, personne ne lui sert d’alcool et ses breuvages non alcoolisés sont gratuits. C’est moins tentant pour un jeune de payer 4 ou 5 $ son verre de coke/bouteille d’eau quand une bière est en spécial à 2,50 $. Un conducteur désigné de moins de 21 ans qui prend une bière et repart rapidement dépassera la tolérance zéro. »

Pour les 18 à 35 ans, Mme Bélanger fera le tour des carrefours jeunesses emploi pour toucher ce groupe cible. Pour les personnes un peu plus âgées, l’objectif est d’avoir des kiosques autorisés dans les centres commerciaux ou d’être présent lors des campagnes de sensibilisation de la SQ.

MADD s’implique également sur les cours d’eau pour contrer la conduite avec facultés affaiblies puisqu’ils sont régis par les mêmes règles de sécurité. Cet été, Mme Bélanger fera le tour des marinas de Lanaudière pour sensibiliser les plaisanciers à ce sujet.

Bilan routier

De novembre 2014 à janvier 2015, la Sûreté du Québec a tenu l’Opération VACCIN (Vérification accrue de la capacité de conduite Intervention nationale) partout au Québec. Dans Lanaudière et Laurentides, la SQ a procédé à l’arrestation de 121 conducteurs sur les 168 contrôles routiers effectués durant cette période. Ces 121 ont été arrêtés pour avoir conduit avec les capacités affaiblies. De ce nombre, 15 étaient âgés de moins de 21 ans et ne respectaient pas la norme tolérance zéro. « Dans les dernières années, il y a eu beaucoup d’accident et de décès avec conduite avec les facultés affaiblies dans Lanaudière.

[…] Au Québec, si la personne décède au moment d’un de ces accidents, c’est classé selon la SAAQ comme une mort secondaire à la conduite avec facultés affaiblies. Par contre, si elle décède trois jours après son hospitalisation, elle n’apparait pas dans les statistiques de décès relié à la conduite avec facultés affaiblies. Chaque jour au Canada, il y a quatre décès en raison d’accidents avec facultés affaiblies et 175 personnes blessées », conclut Sylvie Bélanger.

Bénévole de tout âge

L’organisme a été créé par des mères qui ont perdu leurs enfants dans des accidents impliquant des conducteurs avec les facultés affaiblies, mais aujourd’hui, ce ne sont pas seulement des personnes qui ont vécu une histoire personnelle qui s’implique comme bénévole. « Si c’est un jeune qui explique le message, ça peut passer plus facilement que quelqu’un de mon âge qui dit à un ado de 15 ans que ce n’est pas une bonne idée de prendre sa voiture soul. Personnellement, je n’ai personne dans mon entourage qui est décédé de ça. Je trouve seulement qu’au niveau de la société, c’est très dommage que de jeunes adultes décèdent de ces causes soit en tant que conducteur ou passager. On ne peut pas se permettre de perdre notre jeunesse. »